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Quelle Europe voulons-nous?

Le Brexit a été une surprise sans véritablement en être une. Si les sondages prédisaient majoritairement la victoire du Remain, il n’est guère étonnant de voir sortir de l’Union Européenne le plus critique de ses membres. Il faut maintenant aller de l’avant. 

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Un vent de renouveau en Espagne

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David Cameron rempile pour 5 ans, pas si surprenant que cela

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Syriza, entre espoir et peur

La victoire de Syriza en Grèce le 25 janvier dernier marque un tournant dans la résolution de la crise européenne. Pour le meilleur ou pour le pire…

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A rebours de la Fed, la BCE lance sa Quantitative Easing

Source: Dessine moi l'éco
Source: Dessine moi l’éco

Le risque de déflation en zone euro oblige la Banque Centrale Européenne à poursuivre et à accélérer son programme de soutien à la croissance en Europe.

Une page se tourne aux Etats-Unis, une autre s’ouvre en Europe. Alors que la Federal Reserve a annoncé fin octobre la fin de son programme de rachat de dette publique à long terme, la Banque Centrale Européenne (BCE) lance le sien. La BCE s’est dite prête à injecter 1 000 milliards d’euros dans l’économie de la zone euro, via une augmentation de son bilan. Mario Draghi, son président, a même déclaré qu’il était prêt à «préparer, en temps voulu, de nouvelles mesures à mettre en œuvre, si nécessaire». A t’il en tête une monétisation des dettes européennes ? Pour l’instant, cette pratique qui consiste au financement direct des Etats par la Banque Centrale est interdite par le traité de Lisbonne. Considérant la situation actuelle comme explosive, Mario Draghi souhaiterait dépasser les objectifs fixés par la BCE et lancer une Quantitative Easing (QE) au sein de la zone euro. Le risque de japonisation de la zone euro– qui caractérise une longue période de déflation et de stagnation économique – oblige l’autorité monétaire européenne à revoir ses plans. « Nous devons toujours faire attention aux risques à la baisse pesant sur notre prévision d’inflation » à moyen terme, a déclaré le président de la BCE le 17 novembre dernier devant la commission des affaires économiques et financières du Parlement Européen.

Ces mesures, dites « non-conventionnelles », sont depuis le début de la crise de la zone euro bien accueilli par les marchés financiers. Dans le cadre de son nouveau programme, la BCE prévoit notamment « l’acquisition d’obligations sécurisées », obligation dont le service est garanti par des crédits hypothécaires. Des achats d’ABS (asset back securities), titres adossés aux créances de PME, seront aussi lancés pour « au moins deux ans ». L’objectif de cette QE est de soutenir la croissance et de relancer l’inflation dans la zone euro. Jens Weidmann, président de la Bundesbank, estime cependant que«la balance entre les coûts et les bénéfices (de ces achats) est pour le moment négative».

Mêmes exceptionnelles, ces mesures sont encore jugées insuffisantes par certains membres du gouvernement français et de la majorité de gauche. Reprenant les arguments de Paul Krugman, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti socialiste, annonçait sur Radio France mercredi 19 novembre « Nous sommes dans une phase de déflation et il faut que l’Europe se ressaisisse car la japonisation de l’économie européenne est en marche ». Il est vrai que l’inflation a considérablement ralenti dans la zone euro depuis 2012. En octobre dernier, l’inflation dans la zone n’a progressé que de 0,4% en glissement annuel. Ce ralentissement touche tous les grands pays.

Bien qu’il constitue un soutien indéniable à la croissance, ce rachat massif des dettes souveraines par la BCE ne peut pas à lui seul annihiler le risque de déflation eu Europe. Comme aime le rappeler Mario Draghi, la politique monétaire n’y arrivera pas seule. Le président de la BCE exhorte les pays de la zone euro à poursuivre les réformes structurelles et surtout à mettre en place un grand plan d’investissement à l’échelle de la zone. Justement, la Commission Européenne songe à la création d’un fonds d’investissement financé par le budget de l’UE ou celui de la Banque Européenne d’investissement. Ce « plan Juncker » de 300 milliards d’euros doit aussi inciter les acteurs privés à s’associer à des projets d’infrastructures sur tout le continent.

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Et si Romney gagnait, ça changerait quoi?

Dans moins de deux semaines nous saurons qui sera le prochain président des États-Unis d’Amérique, 1ère puissance économique et militaire du monde. Le vainqueur aura donc un rôle crucial à jouer dans les 4 années à venir pour sortir son propre pays de la crise, mais aussi et surtout le monde entier. Deux candidats aux tempéraments différents s’opposent: Mitt Romney, le challenger républicain, et Barack Obama, le candidat démocrate sortant, toujours plus ou moins favori des sondages, du moins au niveau des grands électeurs et dans les États clés “Swing State”  (ce qui est le plus important).

M. Obama jouit d’une très forte popularité en France et en Europe, notamment grâce à l’enthousiasme qu’a suscité son élection en 2008, notamment au travers des promesses qu’il avait faites. Cependant, son bilan n’est pas tout rose, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il est mis en difficulté aux USA pour sa réélection. Parmi les bons points, il a “sauvé” l’automobile américaine, il a créé un système de santé plus juste (L’Obamacare que les républicains promettent de supprimer quand ils seront au pouvoir), et il a “tué” Ben Laden. Parmi les mauvais points, il n’a pas fermé Guantánamo (alors que cette promesse était attendue dans le monde entier), il n’a pas su assez réformer le système financier américain et Wall Street, qui restent les maitres du jeu financier aux USA. De plus, le bilan économique est mauvais : le taux de chômage est certes le même qu’en 2008, mais le nombre de chômeurs est bien plus élevé, la dette publique américaine dépasse désormais largement les 100% du PIB et les États-Unis ont perdu le triple A.

Cependant, le but de cet article n’est pas de faire un bilan des 4 ans de Barack Obama, mais bien de s’intéresser à son challenger Mitt Romney, souvent caricaturé à raison comme un candidat ultra-libéral et ultra-conservateur. Il s’agit donc ici de voir et d’analyser quel impact aurait la victoire de Mitt Romney sur la politique intérieure et extérieure aux États-Unis.

Pour cela, étudions rapidement les grandes lignes du programme du candidat républicain.

Au niveau des “valeurs”, Mitt Romney est plutôt très conservateur, voire ultra-conservateur, comme le diraient ses détracteurs. En effet, Romney profite d’une population américaine très religieuse (lui d’ailleurs est mormon) et chrétienne pour proposer des mesures qui peuvent paraitre effrayantes, quand on voit ce que certains de ses soutiens peuvent en dire. L’exemple le plus frappant est celui du droit ou non à l’avortement. Les républicains sont très fortement contre le droit à l’avortement pour les jeunes filles sous le prétexte qu’on ne pourrait pas “tuer un enfant de Dieu” (même si il est au stade de l’embryon!). Pire, certains élus avancent même que le viol sur un femme est une méthode de conception d’un enfant comme une autre et donc que la femme ne devrait pas non plus avorter. Les républicains sont pour la peine de mort dans tous les États de leur pays. On comprend que ce côté ultra-conservateur fasse fuir les Européens, beaucoup plus progressistes dans l’ensemble que les Américains. D’ailleurs, si Romney et Obama s’opposaient aujourd’hui en France, ce dernier s’imposerait certainement avec 80% des voix avec un consensus droite gauche! Mais l’Europe n’est pas l’Amérique, sachons le. Ainsi, si Romney l’emportait, les USA auraient une image de pays archaïque, dépassé, qui ne respecte que peu les droits des femmes dans le monde, ce qui n’est souhaitable ni pour eux, ni pour nous, surtout quand les États-Unis veulent faire des leçons de morale et de laïcité, notamment aux pays arabes.

Au niveau économique, Mitt Romney est un candidat pour le moins libéral, et anti-étatiste. Là encore, le républicain profite d’une grande partie des Américains toujours suspicieux envers l’État fédéral, qui ne serait que peu légitime et qui spolierait le peuple par ses impôts. En France, Nicolas Sarkozy a été accusé (souvent à tord) d’être le candidat des riches, mais si tel est le cas, qu’en est il de Mitt Romney? En effet, celui ci promet de fortement réduire les impôts des plus riches et des grandes entreprises (s’appuyant sur les travaux des économistes de l’offre, notamment Laffer, et assure vouloir imiter la politique économique de Reagan dans les années 1980) afin de relancer l’investissement privé. Par ailleurs, Romney promet de “casser” l’Obamacare, ou au moins de le réduire de sa substance, puisque celui-ci couterait trop cher à l’État et ne créerait que des “assistés” (en référence à la vidéo des 47% de la population qui serait obligé de voter pour Obama puisque assistée) qui profiterait du système sans avoir une réelle volonté de s’en sortir. Poussé par sa droite et notamment le Tea-Party qui est de plus en plus puissant aux États-Unis, Mitt Romney a donc choisi un programme économique radical. Les conséquences de la victoire de Mitt Romney n’en seraient pas moins radicales. Soit l’économie américaine est fortement relancée par cette politique libérale en faveur de l’offre. Soit, au contraire, et c’est malheureusement le scénario le plus probable, cette politique casse complétement l’économie via l’effondrement de la demande et ne ferait que creuser encore plus la dette publique américaine ainsi que le chômage. Ainsi, l’élection de Mitt Romney ne serait pas forcément souhaitable pour l’économie américaine et mondiale.


Romney n’en fait pas il trop ?

Sur le plan de la politique extérieure, Obama et Romney divergent plus sur la forme que sur le fond. Romney a l’avantage pour lui qu’il n’a pas de bilan à défendre, quand celui du président sortant n’est pas forcément très bon. Mitt Romney, encore plus que Barack Obama, est un fervent défenseur d’Israël dans la région (d’ailleurs il n’est désormais plus qu’un secret de polichinelle que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu soutient la candidature du républicain). Comme Obama, Romney a un discours très ferme vis à vis de l’Iran. Tout faire pour que l’Iran ne possède pas l’arme nucléaire fait consensus au États-Unis, comme c’est le cas en Europe. Romney a promis des sanctions très sévères vis à vis de l’Iran, voire un soutien militaire si Israël est contraint d’attaquer Téhéran.

Mitt Romney porte un discours très impérialiste et veut redonner à son pays un prestige à l’international ainsi qu’une crainte pour les pays ennemis. Comme le disent souvent ses conseillers politiques: “Le déclin est un choix. Ce n’est pas nécessairement notre destinée”. Les républicains cherchent à dénoncer la “passivité” et le “laxisme” d’Obama en matière de politique étrangère. L’américain moyen étant très patriote, voir son pays “dominer” le monde ne peut que lui plaire. Le fait de montrer qu’Obama a fait devenir les États-Unis un pays banal est donc un angle d’attaque très fructueux électoralement. Ainsi, Romney serait peut être source de tension diplomatique, notamment vis à vis du monde arabe et du proche-orient mais aussi avec la Chine, à qui il ne veut pas laisser le leadership économique de demain. Romney accuse la Chine de “manipuler sa monnaie” afin de favoriser ses exportations et donc au détriment de l’économie américaine qui voit son déficit commercial augmenter. Enfin, le candidat républicain est aussi très sévère avec la Russie de Vladimir Poutine, qui ne peut être considéré comme un pays démocratique pour celui-ci.

 En conclusion, en cas d’élection de Mitt Romney il existe deux scénarios économiques. Ou l’Amérique se redressera très fortement via une économie libérale qui aura fonctionné notamment via le retour de la confiance et la baisse de la dette publique. Ou au contraire elle s’enlisera, voire s’effondrera dès lors que cette politique n’aura pas fonctionné et que la forte baisse des dépenses publiques voulue par Romney aura eu un effet très négatif sur la consommation et l’investissement national. Au niveau de la politique extérieure, l’élection de Romney serait source de tensions diplomatiques ce qui n’est pas forcément souhaitable en période de crise économique mondiale.

Laisser à Obama une seconde chance et un second mandat pour qu’il continue les réformes qu’il a commencées est certainement la décision la plus sage…

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Retrospektive des crises depuis 2007 et solutions

Depuis maintenant 5 ans et la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, les pays occidentaux et le monde entier sont en crise. Dans un premier temps, en 2007, la crise financière a été marquée par une crise de liquidité et de solvabilité qui s’est traduite par un resserrement du crédit (credit crunch en anglais), menaçant fortement l’économie réelle par le biais de la titrisation, qui consiste à rendre un prêt ou une créance non négociables et en un actif financier liquide sur les marchés financiers. C’est ainsi que la crise des subprimes, uniquement américaine, s’est propagée au reste du monde à via l’internationalisation des marchés financiers et des banques.

Cette crise boursière et financière débouchant sur une crise économique, l’État a du injecter dans l’économie des dizaines de milliards d’euros ou de dollars pour relancer la machine et la croissance, en favorisant la consommation des ménages notamment. On peut aussi appeler cela, en économie, des plans de relance keynésiens, qui visent donc à booster l’économie via la hausse de la consommation des ménages, et notamment ceux des plus démunis, qui ont une propension à consommer plus importante que les plus riches, qui épargnent plus (on parle de loi psychologique de Keynes). Dans ce même objectif de relance économique, les grandes banques centrales ont mené des politiques monétaires expansionniste, favorisant la baisse des taux directeurs et donc des taux d’intérêts des banques et facilitant l’investissement privé pour les entreprises. Ainsi, une spirale récessionniste comme celle de la crise de 1929, que beaucoup craignaient, a été évitée grâce à une bonne intervention étatique dans les pays développés.

Mais à quel prix? En effet, depuis 2007, les dettes publiques des pays d’Europe, des États-Unis et du Japon, ont totalement explosé, jusqu’à penser que celles-ci deviendraient insoutenables et mèneraient ces pays à leurs pertes. Ainsi, cette hausse spectaculaire des dépenses publiques, en plus d’un fort tassement des recettes fiscales à cause de la contraction économique, a débouché sur des déficits publics et des dettes publiques qui ont, pour certains pays, doublé en même pas 5 ans. En France, sous le mandat de Nicolas Sarkozy, la dette française a pratiquement augmenté de 700 milliards d’euros pour atteindre près de 90% du PIB, bien au delà des 60% autorisé par les critères de Maastricht. Le niveau de la dette a déjà dépassé les 150% du PIB en Grèce et plus de 120% du PIB en Irlande et en Italie. Dans le reste du monde, la dette américaine a dépassé le seuil symbolique des 100% du PIB quand celle-ci est à près de 230% au Japon… (bien que détenu en grande majorité par des japonais, ce qui limite le risque). Actuellement, nous nous interrogeons sur le fait qu’il faille, ou non, garder le Grèce dans la zone euro, alors que celle-ci risque de ne plus vouloir appliquer les plans de rigueur, qu’exige l’Union européenne en contrepartie des prêts qu’elle lui accorde, du fait que le parti de la gauche radicale grec risque de prendre le pouvoir très bientôt…

vers un effet domino de contagion de la crise?

Pour sortir de ces crises, les hommes politiques des différents grands pays ne s’accordent pas sur les moyens qu’il faut utiliser et sur la stratégie de sortie de crise. Exemple tout récent, les différentes solutions qu’ont la France et l’Allemagne pour sortir de la crise de l’euro, afin d’éviter son éclatement. C’est pour cela que nous allons étudier et analyser la pensée de deux grands économistes, John Maynard Keynes et David Ricardo, pour justement se demander si, en ces temps troubles, nous ferions mieux d’être plutôt keynésiens ou ricardiens? Si raccourci il doit y avoir, alors le président socialiste François Hollande se range du côté des keynésiens tandis que la chancelière Angela Merkel serait plutôt ricardienne, c’est à dire adepte de la pensée de David Ricardo. L’un serait donc favorable à des politiques plutôt conjoncturelles de relance de l’économie tandis que l’autre privilégierait les politiques structurelles, le plus souvent libérales, qui ne portent souvent leurs fruits qu’à long terme et donc plus impopulaire politiquement. Ne faisons pas un mauvais procès à François Hollande, qui vient juste d’annoncer récemment que “la croissance ne naîtra pas de dépenses publiques supplémentaires”. Cependant, quand on voit ce que son gouvernement a fait depuis 1 mois ou ce qu’il compte faire dans les prochains mois, à savoir augmenter de 25% l’allocation de rentrée scolaire, donner un “coup de pouce” au SMIC ou revenir sur la réforme des retraites, on peut s’interroger sur la sincérité de ces propos ou du moins penser dès maintenant que le “tournant de la rigueur” va arriver plus vite que prévu.

Interrogeons nous alors sur ce que sont vraiment Keynes et Ricardo et de savoir comment auraient ils réagi face à cette crise. Faut il, pour relancer la croissance, mener des politiques keynésiennes ou ricardiennes? Le problème est qu’en France, on veut toujours opposer ces 2 grands économistes sous prétexte que leurs solutions sont trop éloignées, alors que c’est faux et que l’on peut concilier politiques keynésiennes et ricardiennes.

En France, pour appuyer ses arguments, la gauche cite souvent Keynes, souvent à tord car Keynes était un libéral et contre l’étatisation de l’économie. De même, la gauche française veut relancer la croissance en augmenter la consommation des ménages via la hausse du SMIC ou des allocations de rentrée scolaire, alors que Keynes prônait une relance via l’investissement, qui a des effets de long terme alors que la relance par la consommation n’a généralement que des effets de court terme et conjoncturelles. Ainsi, en 2008, Keynes se serait sans doute opposé aux différents plans de relance car la crise était déjà structurelle (crise de dérégulation financière) alors que celle-ci a été traitée par des actions conjoncturelles. Ainsi, les États sont sortis très affaiblis en 2010 (à cause de l’endettement excessif) alors même qu’ils doivent jouer un rôle majeur dans le soutien à l’activité économique, selon Keynes. De même, il est intéressant de noter que Keynes, déjà à son époque, était favorable à une dévaluation fiscale et à une taxe sur les importations, ce qui correspond à la TVA sociale qu’a proposée Nicolas Sarkozy et qu’a toujours combattue la gauche. Enfin, l’idée de créer une taxe sur la finance (taxe Tobin) semble être une bonne idée qui fait consensus politiquement en France. Ainsi, il ne faut pas se fier aux apparences: Keynes n’était pas un partisan uniquement des politiques de court terme mais aussi celle de long terme et donc des politiques structurelles. La gauche ne devrait donc pas caricaturer Keynes et si elle appliquait à la lettre ses prérogatives, alors la situation économique du pays serait sans doute meilleure…

David Ricardo, comme Adam Smith, est un économiste classique, à savoir libéral, partisan d’un État non interventionniste (ou du moins peu) dans l’économie. C’est donc leurs positions respectives vis à vis de l’État qui séparent radicalement ces deux économistes. Comme la pensée libérale inspirée par Smith, Ricardo, Say ou plus récemment Friedman, l’Allemagne d’Angela Merkel privilégie une vision de long terme, qui s’effectue principalement via des politiques structurelles à connotations libérales, via la compétitivité accrue des entreprises ou encore une meilleure flexibilité sur le marché du travail. Pour Ricardo, et aussi pour Bruxelles aujourd’hui, la qualité des dépenses publiques importe largement plus que la quantité. Par exemple, en France, le niveau des dépenses publiques dépasse de près de 10 points de PIB celui de l’Allemagne (45% contre 55% du PIB en France). Pourtant, l’État n’y est pas plus efficace et la situation économique des deux pays semble montrer que la vision allemande semble être meilleur. Ricardo montre via la théorie de l’équivalence ricardienne, reprise ensuite par Barro dans les années 70, que les dépenses publiques financées par la dette ne sont pas plus efficaces que celle financées par l’impôt car les agents économiques vont anticiper les mesures d’austérité qui suivront pour rééquilibrer les comptes publics et donc épargner davantage. C’est pourquoi Ricardo était un tenant de la rigueur budgétaire car pour que l’État puisse agir un minimum dans l’économie, déjà faudrait il qu’il en ai les moyens financiers sans dépendre totalement des marchés financiers, souvent accusé d’être les responsables de la crise alors qu’au contraire ils participent à éviter qu’elle ne se transforme en dépression, du moins depuis 2 ans. Cependant, pour accomplir ces réformes structurelles indispensable en France, il faut avoir du courage politique, ce que n’a pas eu François Hollande durant sa campagne mais qu’il va certainement devoir avoir dans les prochains mois. En effet, l’agenda 2010 mis en place par le social-démocrate allemand Schröder au début des années 2000 permet à l’Allemagne d’être dans la bonne situation qu’elle vit aujourd’hui, au prix d’une défaite électorale. De même, les réformes structurelles que voulait mettre en place Nicolas Sarkozy (retraites, TVA sociale) semblaient aller dans le bon sens au vue de la situation financière du pays mais les français lui ont préféré François Hollande.

Ainsi, il semble possible de concilier politiques keynésiennes et politiques ricardiennes en Europe et c’est ce qu’il semble se profiler. La volonté de relancer la croissance économique en Europe va forcément devoir se faire via une relance de la consommation et de l’investissement -Vive Keynes!- tandis que la consolidation budgétaire absolument nécessaire passe par la poursuite de la rigueur -Vive Ricardo!- en Europe. Il en va donc de la responsabilité et de la crédibilité des gouvernements en place qui eux seuls peuvent éviter l’explosion de la zone euro et une stagnation économique qui se prolongerait pour les dix années à venir…

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Hollande-Merkel, des stratégies de croissance différentes pour l’Europe: qui a raison?

Le nouveau président français va-t-il faire le poids face à Merkel?

François Hollande, tout fraîchement élu président de la République Française, veut lancer le début de son mandat sur les questions européennes. Et à juste titre, car l’Europe n’a jamais été autant au cœur des enjeux nationaux qu’aujourd’hui. Il entend entrer directement dans le vif du sujet et donc sur la crise de la zone euro et donc du nouveau Traité Européen qui, quelques mois après avoir été accepté par tous les pays de la zone euro, est déjà contesté par le tout nouveau président français.

Pourquoi donc? Hollande reproche à ce traité, qui porte un très fort accent allemand, de n’aborder que les questions portant sur le pacte budgétaire, plus précisément un “pacte disciplinaire”, qui demande à tous les pays européens en situation difficile de réduire leurs dettes, parfois de façon drastique, pour leur permettre d’éviter la faillite (et tout ce qui va avec). Hollande veut donc renégocier ce traité et rajouter une dimension “croissance”, ce que réfute totalement l’Allemagne. En effet, dans l’orthodoxie allemande, parler de croissance signifie dépenser plus, et donc le plus souvent creuser les déficits. De la même façon, l’Allemagne refuse de modifier le mandat de la BCE, que certains aimeraient plus laxiste et qui puisse autoriser le prêt direct aux États, avec des taux d’intérêts nuls ou très faibles. Pour l’instant, l’Allemagne exclue donc la renégociation du traité car elle ne veut pas de “croissance à crédit”, et donc une croissance qui s’appuierait sur l’augmentation de la dette pour exister.

Quelles stratégies de croissance adopter? Une croissance à la Hollande? Ou plutôt une croissance à la Merkel? Je m’explique. Hollande souhaite une croissance économique qui s’appuie sur la relance budgétaire et monétaire (donc essentiellement des politiques keynésiennes). Forte hausse des impôts pour les ménages et les entreprises (pour un montant de 29 milliards) pour mieux redistribuer les ressources par la suite, forte augmentation du nombre de fonctionnaires (60 000 postes dans l’éducation) et donc renforcement de la puissance publique, sans oublier le “contrat de génération” pour favoriser l’emploi, sont au programme de la “croissance” made in Hollande. Côté allemand, on veut une croissance qui ne touche pas aux déficits et qui se veut saine, une croissance sans hausse des dépenses et sans hausse d’impôts. Il faut dire que l’Allemagne a réformé largement son pays il y a plus de 10 ans pour mieux faire face à la mondialisation, ce que la France a refusé de faire. Bref, l’Allemagne n’a pas les mêmes problèmes que les autres pays d’Europe, elle n’a pas ou peu de problèmes de déficits, un chômage faible et une croissance soutenue par ses exportations. La chancelière Merkel demande donc aux autres pays “d’imiter” le sien, avec son bilan pour preuve. Elle propose donc à ces pays, dont fait partie la France, de revoir complètement leurs modes de croissance et donc le rôle que l’Etat doit jouer dans l’économie.

Pour moi, il n’y a pas photo entre ces 2 stratégies. La solution française de relance conjoncturelle keynésienne par la hausse des dépenses publiques n’est pas la solution. Même si, il faut le souligner, le programme socialiste est pour la première fois de son histoire plus ou moins réaliste, ne proposant pas par exemple un SMIC à 1500€ comme l’aurait fait madame Royale en 2007. En France, la croissance ne pourra se faire sans réformes structurelles, qui prendront du temps avant d’être efficaces, mais absolument nécessaires. C’est la raison pour laquelle je pensais que Sarkozy répondait mieux aux nouveaux enjeux européens et mondiaux et qu’il aurait donc été un meilleur président que Hollande en ces temps troublés. Malheureusement, les français ne l’ont pas vu de cet œil.

Alors pourquoi la stratégie de croissance de Hollande n’est pas la bonne et pourquoi en faut-il une autre? François Hollande propose une hausse drastique des impôts alors que la France est déjà le seul grand pays qui a le niveau d’imposition le plus élevé (je ne conteste pas le fait qu’il faille augmenter les impôts sur les plus aisés, bien que je pense que la tranche à 75% soit totalement démagogique et inutile). Hollande propose aussi d’augmenter le nombre de fonctionnaires alors qu’il en faudrait encore moins et plutôt restructurer drastiquement le rôle à jouer de l’État. Il veut aussi revenir sur la réforme des retraites alors que celle-ci est vue par les observateurs comme une des grandes réformes faites par Sarkozy au cours de son mandat. La France est le dernier pays du monde (enfin la gauche française surtout) qui refuse d’admettre qu’il faut dépasser cette archaïsme sur les retraites à 60 ans car la situation financière du pays l’exige mais surtout car l’espérance de vie augmente chaque année de 3 mois. Heureusement, la situation financière du pays fait qu’il sera impossible pour Hollande de réaliser ne serait-ce que la moitié de son programme économique, et c’est peut être un mal pour un bien.

Comment donc concilier croissance économique et rigueur? En France, les plans d’austérités du gouvernement Fillon en 2011 n’ont pas affaibli la croissance, au contraire elle n’avait jamais atteint ce niveau (de 1,7% du PIB) depuis quelques années tandis que le déficit français a, lui aussi, largement reculé en 2011, au delà des espérances de l’État. En France, les dépenses publiques représentent 55% du PIB, quand elles sont seulement à 45% en Allemagne. Preuve que le niveau de dépenses publiques d’un pays n’a que peu de rapport avec le croissance et la bonne santé économique. Aux oubliettes, donc, Mélenchon et son programme complétement démentiel de hausse des dépenses. Il y a donc de la marge de manœuvre en France et l’on peut largement réduire les dépenses publiques sans compromettre la croissance potentielle du pays.

Il faut donc réformer structurellement le pays et l’Etat lui même. Et donc suivre le modèle allemand de croissance et le modèle proposé par la BCE de Mario Draghi. En effet, quand le gouverneur de la BCE parle de “croissance”, il ne propose cependant pas du tout les mêmes moyens que le président français pour y accéder. Quel modèle de croissance pour l’Europe donc? Un modèle qui se base plus sur les politiques d’offre, qui relancerait la production nationale en soutenant les entreprises et qui créerait donc de l’emploi. Il faut donc un modèle de croissance plus libérale, bien que le libéralisme économique soit fortement critiqué en France. Imposer les entreprises encore plus semble donc être une mauvaise idée, il vaudrait mieux réduire leurs coûts pour leur permettre d’être plus compétitives. De plus, l’histoire a montré que mener des politiques de relance seul, tandis que les autres pays pratiquent l’austérité, est fortement néfaste (cf. Mitterrand en 1981 qui s’est vite rabattu sur la rigueur en 1983). La France n’a pas un problème de demande, au contraire stimuler celle ci n’augmenterait que les importations et creuserait donc les déficits extérieurs et la dette. La France doit donc plus fortement soutenir les entreprises innovantes, créatrices d’emplois et sources de compétitivité. La réforme des retraites était une vraie réforme structurelle, qui est nécessaire. Malheureusement, le programme de Monsieur Hollande veut revenir sur cette réforme. Heureusement, la conjoncture internationale fait qu’il lui sera difficile de tenir ses promesses électorales.

Il y encore tant d’autres choses à dire sur ce sujet, notamment le rôle que doit jouer la BCE sur l’activité économique, la mutualisation des dettes, et bien d’autres. Je traiterai donc certainement de ces sujets dans d’autres articles. Pour conclure, je pense donc que la stratégie de croissance que propose François Hollande n’est pas la bonne. Cependant, la crise européenne, qui repart de plus belle, va surement le ramener à la réalité et l’obliger à proposer un programme vraiment réaliste. Une politique de discipline budgétaire est absolument nécessaire, elle ne remet pas en cause la croissance que tous les pays européens souhaitent. À bon entendeur…