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Sport et dopage

Lance Armstrong déclassé de ses 7 Tour de France?

Le 24 aout au petit matin, nous avons appris que Lance Armstrong, l’icône du cyclisme américain et sextuple vainqueur du Tour de France, allait très certainement être privé de tous ses titres et palmarès depuis 1999 (soit l’année de sa première victoire sur le Tour) suite à l’accusation de dopage de 1999 à 2005 par l’Agence Antidopage Américaine (l’USADA). De plus, il serait radié à vie du cyclisme. Cette nouvelle affaire de dopage n’a rien d’étonnant, tant les soupçons sur Armstrong sont forts depuis bien longtemps, mais elle montre bien que la lutte contre le dopage dans le sport est toujours aussi présente, et qu’elle doit continuer à persévérer pour se débarrasser des tricheurs.

Bien sûr, sport et dopage vont continuer à coexister et certainement pour toujours, mais il est intéressant de noter que les contrôles antidopages fonctionnent de mieux en mieux, notamment en cyclisme et en athlétisme. Aux Jeux Olympiques de Londres, un nombre impressionnant de contrôles positifs et d’exclusions d’athlètes olympiques a été mesuré, preuve que des progrès sont fait.

Il semble évident que tous les sports ne sont pas autant affectés par la dopage. En effet, le cyclisme est sans doute le sport où le dopage est le plus présent.  Cependant, la faute n’est pas seulement celle du coureur qui se dope (bien qu’il ait son “libre arbitre” pour décider), mais aussi aux organisateurs des grands tours qui préfèrent souvent privilégier le spectacle et des parcours dantesques et fortement montagneux à l’intégrité des coureurs. Ainsi, dans un monde où l’argent et la victoire sont rois, le sport et le cyclisme ne dérogent pas à la règle. Le business du dopage y est tellement important que certains laboratoires pharmaceutiques et médecins sont directement liés aux affaires de dopage, en atteste les affaires Puerto (qui n’ont d’ailleurs pas seulement touché le cyclisme) et Festina. Ainsi, les affaires de “gros sous” sont très fréquentes. Le parfait exemple de conflit d’intérêt entre un athlète et les instantes internationales nous ramène encore une fois à “l’affaire Armstrong”. Il ne fait désormais aucun doute que ce dernier a longtemps été protégé par l’Union Cycliste Internationale, dont il est un des principaux… donateurs. Il est donc probable que l’UCI ai permis à Armstrong de ne jamais avoir été contrôle positif durant toute sa carrière, ce qui a toujours été sa principale arme pour se défendre face à ses détracteurs.

L’athlétisme est aussi toujours sujet à des problèmes de dopage, car c’est un sport où la dimension physique est primordiale. La suspicion dans le sport est inévitable, surtout quand les performances des athlètes sont extraordinaires. Ainsi, les sprinteurs jamaïcains Blake et Fraser ont tous les deux été suspendus pour dopage mais sont aussi revenu au bout de quelques mois puisque protégé par les instantes jamaïcaines, plus laxistes en terme de dopage que les européens ou les américains. Carl Lewis, le grand champion américain a même déclaré publiquement ses doutes quant aux performances d’Usain Bolt, jugées “étonnantes” à son goût. Ainsi, les cas de dopage sont extrêmement nombreux en athlétisme, notamment aux États-Unis (on pourra citer Marion Jones), bien que l’efficacité de la lutte antidopage soit de plus en plus forte.

Il est important de noter que le cyclisme est souvent accusé de tous les maux car les cas de dopages sont légion. Cependant, la performance physique dans ce sport n’a rien à voir avec celle d’un footballeur ou d’un pongiste et il est donc plus tentant de se doper ici plutôt qu’ailleurs. De plus, de nombreux sports ne sont pas assez contrôlés par rapport à d’autres. On peut notamment penser au tennis, au football et au rugby. Il est donc bien plus facile de passer entre les mailles du filet dans ces sports. Concernant le tennis, la dernière suspension d’un joueur du Top 50 remonte à 2005 chez les hommes et à 2007 chez les femmes (Martina Hingis). Pour autant, le tennis est il propre? Rien n’est moins sûr… En effet, l’ATP fait taire les joueurs qui parlent trop de dopage alors que les anciennes gloires du tennis (Noah, McEnroe) ne cachent pas que les amphétamines et les stéroides sont parfois consommés par les joueurs. Les contrôles hors compétitions sont très peu fréquents alors même que les vainqueurs des grands chelems ne sont pas toujours contrôlés. Le laxisme est bien présent dans le tennis. Le football n’a rien à lui envier. Comme beaucoup le disent, “le football est le champion du monde de l’omerta”, les perfusions sont très souvent pratiqués mais les contrôles antidopages sont quasiment inexistants (selon les spécialistes, 1 footballeur sur 2000 serait contrôlé). Le football, comme beaucoup d’autres sports, est moins contrôlé car la plupart des gens pense que, contrairement au cyclisme, le physique n’est pas l’unique caractéristique de performance mais qu’il faut y ajouter la technique et le mentale.

Ainsi, un meilleur contrôle dans tous les sports serait plus juste afin que les boucs émissaires ne soient pas toujours les mêmes. Si tel était le cas, il y aurait sans doute des surprises. Afin de finir sur un brin d’optimisme, il faut quand même rappeler que la lutte contre le dopage n’a jamais été aussi efficace que depuis quelques années, notamment en cyclisme et en athlétisme. Nous ne sommes plus à l’époque du cyclisme des années 90 et 2000 (Us Postal, Armstrong, Pantani…) où la plupart des cyclistes étaient dopés ou à l’époque de la guerre froide où il en était de même pour les athlètes de l’Ex URSS et de la RDA. Des progrès ont été fait et les sportifs ont aussi peut être plus pris conscience que le dopage pouvait être mortel. Espérons que dopage et sport soient de moins en moins corrélés. Cependant, ne soyons pas naïf car le dopage ne disparaitra sans doute jamais des disciplines sportives.